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Maman, le plus beau métier pour les américains

maman le plus beau metier pour les americains my baby in america

La maman est une véritable institution aux Etats-Unis.

Pour les américains, il n’y a pas de plus beaux métiers au monde. On appelle souvent les mères américaines des « soccer moms » (soccer = football) dans le sens où elles passent leur journée à l’école à faire du bénévolat, à emmener chacun de leur trois ou quatre enfants de l’école à leurs activités extrascolaires : ballet pour la petite dernière, base-ball pour le cadet des fistons et soccer pour l’aîné. Leur job, c’est d’être des mamans avant tout, dévouées corps et âmes à leur progéniture. Je les appelle les « taxi moms ». Elles prennent leur rôle très au sérieux, parfois trop et dans ces cas-là on les surnomme les « chopper moms » (chopper = hélicoptère) parce qu’elles rappliquent illico dès que leur enfant a un problème même mineur avec un ami, un prof ou un coach. Evidemment, je noircie le trait. Elles ne sont pas toutes ainsi mais …

Vous l’aurez donc compris l’archétype de la maman américaine issue de la classe moyenne ne travaille pas et s’occupe toujours avec le sourire (très important le sourire) de ses enfants. Il faut le vivre au quotidien pour en prendre conscience et cela s’est avéré être un gros choc culturel pour moi, la française, la femme active multifonctions qui assume vie professionnelle et familiale.
Il existe donc une grosse différence entre le fait d’être une mère en France et aux Etats-Unis. Les attentes sociales des deux côtés de l’océan ne sont pas les mêmes. Selon moi, plusieurs éléments peuvent expliquer cette situation.

1/ L’inexistence de modes de gardes gratuits ou abordables.

Dans l’Illinois par exemple, l’école n’est obligatoire qu’à partir de l’âge de cinq ans. Vous me répondrez qu’en France ce n’est pas avant six ans. Mais aucune mère française n’attend les six ans de son enfant pour le scolariser car nous avons des écoles maternelles publiques qui acceptent les enfants dès l’âge de trois ans (parfois deux ans et demie). Ces structures sont peu développées aux Etats-Unis et coûtent cher. Bon nombre de mamans font donc le choix de rester à la maison et de s’occuper des enfants jusqu’à ce que le petit dernier ait atteint ses cinq ans pour entrer en Kindergarten (l’équivalent de la grande section de maternelle en France)

2/ La classe moyenne américaine n’a pas le même niveau que la française

Il existe en effet une différence économique entre la classe moyenne américaine et la classe moyenne française. Les salaires américains sont beaucoup plus élevés que les français. Dans un couple issue de la classe moyenne américaine, la mère peut se permettre de rester au foyer à élever ses enfants alors qu’en France les deux membres du couple doivent travailler pour arriver à un même niveau de revenu. Pour information, le revenu réel annuel médian1 des foyers aux Etats-Unis était de 50 221 $ (soit 33 898 €) en 2009*, selon les derniers chiffres officiels alors qu’en France l’INSEE estime en 2008 le revenu médian disponible par ménage à 28 570 €.

3/ Etre mère, un statut valorisé et valorisant dans la société américaine contemporaine.

Comme l’explique Rebecca Jo Plant, professeure à l’Université de Californie à San Diego, dans son livre Mom. The transformation of Motherhood in Modern America, la mère est le pilier de la classe moyenne américaine. Non seulement ce sont elles et non les syndicats qui ont obtenu une protection sociale avant même le New Deal, mais elles ont aussi un poids politique et électoral dont aucun candidat à la Maison Blanche ne souhaite se passer. Ne travaillant pas obligatoirement, elles s’investissent énormément dans leur communauté et en priorité dans les écoles de leurs enfants autour de projets pédagogiques et festifs, en faisant du fundraising ou encore dans des organisations caritatives. Le bénévolat est très important et valorisé aux USA. Il est aussi fait de manière professionnelle par des parents et plus particulièrement des mères qui ont fait des études supérieures. Ces femmes, même si elles ne travaillent pas au sens classique du terme, sont donc extrêmement actives. Ces expériences bénévoles sont très souvent utilisées comme levier pour trouver et obtenir un emploi lorsqu’elles ont décidé de retourner travailler. C’est aussi une grosse différence avec la France où le bénévolat est très peu reconnu et rétribué même symboliquement. Le retour à la vie active de ces femmes n’est donc pas forcément un problème.

Cette immersion totale dans la société et le système éducatif américain m’a permis de mieux appréhender le rôle de la mère aux Etats-Unis. Cela me pousse aussi à avoir une réflexion sur mon propre rôle de maman et sur la manière d’équilibrer ma vie professionnelle et familiale.
Aujourd’hui, je suis loin d’être une « soccer mom » mais je pense savoir mieux faire la part des choses entre mon activité professionnelle et mes enfants.

 

Par Véronique Martin-Place

Vous pouvez suivre les aventures de Véronique sur son blog Expat Forever :http://expatforever.blogspot.com/et découvrir ses services sur son site internet.

*Il a baissé de 4% depuis.

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